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(PARTIE 1 / 2)
INTRODUCTION
Le
contexte de crise économique et financière vécu entre 2008 et 2009 bouleverse
l’approche comptable de beaucoup de PME. C’est notamment sur les stocks que des
problèmes peuvent survenir en premier lieu lors de baisse significative
d’activité. Il faut mettre en place une méthode de calcul d’écart d’activité à
retraiter en fonction des charges incorporables ou non dans ce contexte.
Nous
rappellerons tout d’abord les méthodes de valorisation traditionnelle et de
comptabilisation des stocks de produits finis (PARTIE
1). À partir de ces règles, nous étudierons les indicateurs de contrôle
de gestion (décomposition des écarts sur les coûts standards) et un calcul de
retraitement des stocks finaux de l’écart d’activité annuel (PARTIE 2).
Les
critères de définition et de comptabilisation des stocks ont été introduits par
le règlement CRC n° 2004-06 sur les actifs applicables depuis le 1er janvier 2005.
Les
stocks représentent avant tout un élément de l’actif corporel d’une société.
Comme tous les actifs, ils doivent répondre aux quatre critères cumulatifs
suivants (PCG, art. 211-1.4) :
· il
doit s'agir d'un élément identifiable (numéro de série ou de production,
date…) ;
· il
doit être porteur d'avantages économiques futurs (l'avantage économique futur
représentatif d'un actif est le potentiel qu'a cet actif de contribuer,
directement ou indirectement, à des flux nets de trésorerie au bénéfice de
l'entité) ;
· il
doit être contrôlé, (le contrôle – prioritaire sur la propriété juridique – de
l'élément suppose que l'entité ait la maîtrise des avantages en provenance des
stocks et qu'elle assume tout ou partie des risques y afférents) ;
· son
coût est évalué avec une fiabilité suffisante, (lorsque l'entreprise peut
déterminer le coût de production sur la base de transactions conclues avec les
tiers ayant contribué à la production des stocks).
Ces
stocks de produits finis sont comptabilisés de la manière suivante :
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1°
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Constatation
de charges tout au long de l'année (entrant en partie dans le processus de
fabrication)
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N° compte
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Date et libellé
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Débit
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Crédit
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Année N
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401/512
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Fournisseurs,
puis Banque
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10 000
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420/430
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Personnel
et charges sociales
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10 000
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6XX
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Charges
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20 000
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Constatation
des charges annuelles
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2°
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Annulation
du stock initial (il correspond au stock du bilan N-1)
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N° compte
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Date et libellé
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Débit
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Crédit
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31/12/N
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713 550
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Variation
de stocks de produits finis
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1 000,00
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355 000
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Stocks de produits finis
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1 000,00
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Annulation du stock initial
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3°
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Constatation
du stock de fin d'année
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N° compte
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Date et libellé
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Débit
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Crédit
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31/12/N
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355 000
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Stocks
de produits finis
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2 000
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713 550
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Variation de stocks de produits finis
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2 000
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Annulation du stock initial
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La
marge brute de l’entreprise est constatée lors d’une vente où se comptabilisent
simultanément une écriture de cession, Crédit du compte #701 (contrepartie
#401) et une extourne de ce stock désormais sorti de l’entreprise, Débit du
compte #713 (contrepartie #355).
Pour
schématiser, les coûts incorporables dans les stocks sont annulés des charges
courantes de l’entreprise pour être activés au bilan, en attendant la date de
vente des stocks qui marquera la constatation de la marge par la société.
Cette
comptabilisation à l’actif des stocks se réfère au principe de rattachement des
charges aux produits, principe qui n’est pas clairement explicité par les
textes français. Selon le mémento comptable Francis Lefebvre (§ 262), il
consiste à analyser les charges de l’exercice (déterminées par application du
principe de l’indépendance des exercices) et à les rattacher à l’exercice ou à
des exercices ultérieurs selon que les produits correspondants sont constatés
dans l’exercice ou non. Ce principe est clairement défini en norme IFRS, selon
le paragraphe 26 de la norme IAS 1 « Présentation des états financiers » : «
Les charges sont comptabilisées dans le compte de résultat sur la base d’une
relation directe entre les coûts encourus et les éléments spécifiques de produits
acquis (rattachement). »
C’est
la comptabilité analytique qui régit la valorisation des stocks tout au long de
l’année. Le principe le plus courant est d’utiliser des coûts standards
prévisionnels qui se fondent sur les niveaux normaux de production, de prix et
d’efficacité. En fin d’exercice les écarts entre le réel et le standard sont
réintégrés en comptabilité pour que les stocks soient valorisés au prix de
revient réel. Cette méthode apporte l’avantage de faire ressortir immédiatement
les écarts aux budgets et facilite la gestion quotidienne des stocks.
-
Définition des coûts standards des produits finis :
Ils
sont fixés à partir des prix moyens (CUMP ou FIFO) des matières premières
consommées pour la production, elles-mêmes déterminées selon leur prix d’achat
et frais accessoires d’achat. Il est également inclus une part dite de « valeur
ajoutée » à la matière première qui est constituée de charges directes et
indirectes de production.
Pour les charges
directes de production,
ne sont retenues que les fournitures consommées et la rémunération (au sens
large avec congés payés, intéressement et charges sociales) de la main-d’œuvre
directement liée à la production.
Pour les charges
indirectes de production,
Il s'agit selon le PCG art. 321-19 et 321-21, d'une part, des frais généraux de
production qui sont encourus pour transformer les matières premières en
produits finis et, d'autre part, des autres coûts encourus pour amener les
stocks à l'endroit et dans la condition où ils se trouvent. Sont inclus à ces
coûts indirects : les frais généraux de production et d’administration des
sites de production. Sont exclus : les frais généraux, les frais de
stockage, de commercialisation, les taxes génériques (professionnelles et foncières)
et le sujet de ce rapport, la quote-part de charges fixes correspondant à la
sous-activité.
Nous
traiterons l’approche comptable de la sous-activité dans le chapitre suivant.
En
fin d’année, un calcul d’écart entre le réel et les coûts standards permet de
réintégrer cette valeur (positive ou négative) en stock final.
Le
calcul de l’écart sur coût standard se réalise en deux étapes. Tout d’abord le
service de contrôle de gestion détermine un écart annuel global. Il s’agit de
la différence entre le coût préétabli de l’exercice et le coût total réel de ce
même exercice. Ensuite il faut rapporter ce montant total de réintégration à la
valeur du stock final. Le coefficient le plus simple à utiliser dans ce cas est
« Montant du Stock final/Production de l’exercice ».
La
sous-activité se définit habituellement comme un « niveau d'activité de
l'ensemble de l'entreprise, ou d'un département de l'entreprise, inférieur au
niveau prévisionnellement considéré comme « normal » compte tenu des
facteurs techniques et économiques » (1).
Le
contexte de crise économique de 2008/2009 a plongé de nombreuses entreprises
dans une baisse d’activité importante. De nombreuses chaînes de montage ont été
arrêtées et les entreprises ont eu massivement recours au chômage technique. De
cette situation sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, il faut
estimer l’impact comptable au plus juste pour ne pas déroger aux principes de
rattachement des charges aux produits et permettre de décaler des charges
depuis ces années de crise aux exercices suivants en surévaluant les stocks.
Le
PCG, art. 321-21 sur le coût de production des stocks, indique que
l’affectation des frais généraux fixes de production aux coûts de
transformation est fondée sur la capacité normale des installations de
production.
On
comprend ici qu’il est essentiel de définir la capacité normale de
l’entreprise. Cette définition est soumise à de nombreuses interprétations. Le
PCG indique toutefois une référence officielle : « La capacité
normale est la production moyenne que l'on s'attend à réaliser sur un certain
nombre d'exercices ou de saisons dans des circonstances normales, en tenant
compte de la perte de capacité résultant de l'entretien planifié. Il est
possible de retenir le niveau réel de production s'il est proche de la capacité
de production normale ».
La
capacité normale peut techniquement se définir à partir de la capacité
théorique maximale que la machine est censée produire en fonction des
caractéristiques décrites par le fournisseur, en suivant le PCG et la méthode
de l’imputation rationnelle.
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CAPACITÉ MAXIMUM
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CAPACITÉ DISPONIBLE
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(1)
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CAPACITÉ NORMALE
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(2)
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ACTIVITÉ RÉELLE
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(3)
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(1) Il
s’agit des servitudes, techniquement inévitables, elles représentent des
déperditions incompressibles de l'activité liées aux temps de congés, d'arrêts
de travail, de réparations (entretien, pannes, réglage) statistiquement
normales.
(2) Il
s’agit de la sous-activité structurelle. Les contraintes structurelles de l'organisation sont les changements
d'équipes, goulots d'étranglement (un centre en amont ou en aval a une capacité
inférieure) et les surcapacités délibérées.
(3) Il
s’agit de la sous-activité conjoncturelle. Elle provient de la saisonnalité des
ventes (entendue pour des cycles de plusieurs années et non pas des pics et des
creux qui se répètent sur douze mois comme l’industrie du jouet avec Noël par
exemple) ou d’une variation imprévue du niveau d’activité.
Pour
certains (2), l'activité normale est celle susceptible d'assurer la rentabilité
de l'investissement, notion économique correspondant au seuil de rentabilité.
Finalement, pour le CNC (NI n° 35), « la détermination de la capacité normale
d'une entreprise, pour une période donnée, est une question de fait qui relève
de l'appréciation et de la compétence du chef d'entreprise et de ses différents
responsables. Elle peut être modifiée dans le temps du fait de l'évolution des
moyens dont dispose l'unité de production, de nouveaux objectifs qui lui sont
assignés ou encore à la suite de modifications durables de l'environnement sur
le plan politique, économique ou social notamment (d'où une nouvelle mesure de
la capacité normale) ».
Les
coûts par unité produite ne sont pas figés à l’avance. En effet, selon la
demande et le nombre d’unités produites les coûts unitaires varient.
Cette
variabilité des coûts unitaires fixes en fonction du niveau d’activité a pour
conséquence de surévaluer les stocks en cas de sous-activité. En effet, les
stocks vont intégrer des coûts fixes bien supérieurs à ceux prévus,
répartissant l’ensemble des charges fixes vues précédemment sur un nombre
limité d’unités. Ces charges activées par l’intermédiaire des stocks sont
potentiellement décalées sur l’exercice suivant sans raison économique pour une
situation conjoncturelle.
En
conséquence, le PCG (art. 321-19) précise que « le montant des frais
généraux fixes, affecté à chaque unité produite, n'est pas augmenté par suite
d'une baisse de production ou d'un outil de production inutilisé ». De
plus, Les frais généraux non affectés, sont comptabilisés comme « une
charge de l'exercice au cours duquel ils sont encourus. Les frais généraux
variables de production sont affectés à chaque unité produite sur la base de
l'utilisation effective des installations de production ».
Pour
les outils de gestion qui utilisent les coûts standards, la méthode de retraitement
est la suivante.
· Pour
les charges variables : elles sont imputées dans les stocks pour le volume
d'activité réalisé. Ainsi, la méthode de l'imputation rationnelle se fait
d'elle-même, la non-imputation reflétant la sous-activité.
· Pour
les charges fixes : le coût standard ayant été imputé durant l'exercice en
fonction de l'activité prévisionnelle de l'exercice, il est nécessaire de
corriger la production stockée par la méthode de l'imputation rationnelle afin
de réduire la production stockée à ce qu'elle aurait été si l'activité avait
été normale.
La
somme de toutes les corrections apportées à chaque stade de l'évaluation des
stocks représente la charge globale de sous-activité à exclure de la production
stockée.
Johnny SCHWERTZIG
Règles d'évaluation
des stocks et en-cours
Mémento
Comptable Francis Lefebvre, (c) 2009 Éditions Francis Lefebvre
À quel(s) principe(s)
comptable(s) peut-on se référer pour justifier le fait d’amortir une
immobilisation corporelle ?
Patrick
MYKITA, Membre du CRCF et du GEPS Économie et gestion, 16 décembre 2005.
(1) http://www.finances.gov.ma
(2) C.
Perochon, Guide d'application du PCG 82, p. 211
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