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En attendant la reprise …
01/10/2009

I. la Trésorerie Voici une série thématique consacrée aux situations des entreprises aujourd’hui, en attente d’une reprise significative.

 

Dans le contexte actuel de crise économique, les moindre signes avant-coureurs sont guettés, attendus et voire même prédits. Ainsi, nombre de journalistes économiques sont tentés par la prophétie autoréalisatrice. En réalité, les prédictions sont assez diverses dans notre presse quotidienne. Serge Villepelet, président de PwC France, énumérait dans son allocution devant l’université du MEDEF du 3 septembre 2009, trois portraits d’économistes « prévisionnistes » :

·         On a tout d'abord dans le rôle de l'optimiste un économiste d'une grande banque qui nous dit en substance : « Depuis le printemps, on observe une stabilisation des économies américaine et européenne (…) C'est un vrai changement de tendance (...) On observe d'ailleurs des deux côtés de l'Atlantique une recrudescence des commandes des entreprises et une baisse de leurs stocks. C'est plutôt bon signe… ».

·         Dans le rôle du prudent, un directeur d'Institut : « La question est de savoir si la croissance va être assez forte pour nous permettre de regagner le terrain perdu par cette crise ».

·         Et enfin dans le rôle du pessimiste, l'économiste d'un grand observatoire : « Il est beaucoup trop tôt pour parler d'une reprise (...) Les entreprises ont encore beaucoup trop de machines et d'équipements par rapport à la demande (...) Le chômage va augmenter jusqu'à la fin de 2010 et cela finira par avoir un impact sur la consommation. »

 

Il donne finalement une interprétation à son énumération, catégorisant les prévisions selon les inclinaisons profondes de leur prophète : « Ces divergences analytiques jettent un trouble sur leur pertinence et surtout, sur leur caractère scientifique. Rappelons ce qu'est une science telle que l'a définie par exemple Karl Popper : « Une discipline est scientifique si elle confronte ses hypothèses à l'épreuve des faits, si les théories qu'elle émet sont réfutables par l'expérience. » La théorie scientifique n’étant pas de mise, ni sur le terrain des économistes, ni sur l’analyse par l’exemple de Serge Villepelet, il reconnaît humblement : « Une chose est sûre, en tant que chef d'entreprise et surtout en tant qu'observateur privilégié de la vie des sociétés puisque nos équipes sont quotidiennement dans l'intimité de leurs comptes, je suis incapable de vous dire de quoi demain sera fait, si la sortie de crise sera en juin 2010 ou en septembre 2013, si elle s'annonce en V ou en U, si la hausse du chômage va s'interrompre demain, etc. » et Serge Villepelet de conclure : « Les chefs d'entreprise sont, sur ce point, unanimes : la vertu cardinale en cette période inédite est l'humilité bien plus que la prédiction ». Les études économiques ne sont pas neutres et dépendent des commanditaires. Plutôt que des prévisions, il faut s’en tenir aux éléments tangibles de la situation actuelle.

 

Des éléments factuels, en particulier sur la situation aux États-Unis (qui a toujours quelques longueurs d’avance en terme de reprise et joue donc le rôle d’indicateur avancé) sont tout de même donnés dans la note de synthèse macroéconomique de juin 2009 du cabinet PwC : « De nombreux signaux restent très inquiétants, comme la dégradation rapide de la situation de l’emploi, l’orientation à la baisse de la consommation des ménages (qui empruntent de moins en moins et épargnent de plus en plus) dans un contexte de baisse des prix, la chute régulière de l’indice de production industrielle ainsi que l’orientation à la baisse des prix de l’immobilier sous la pression croissante des procédures de foreclosures, qui aboutissent souvent à la revente à prix bradés de maisons laissées vacantes par leurs occupants (entraînant des pertes importantes et encore non comptabilisées par les banques) ». Ainsi parler de reprise aux États-Unis semble encore prématuré, surtout avec les risques qui pèsent toujours sur les banques (taux de défaillance sur les emprunts immobiliers en hausse, notamment sur le taux variable, mais aussi sur les cartes de crédit et les prêts pour automobiles).

 

Une chose est sûre pourtant, le nerf de la guerre en ces temps difficiles (baisse d’activité, ce qui entraîne une moindre absorption des coûts fixes par le résultat opérationnel) reste le niveau de trésorerie.

L’inquiétude de nombreuses entreprises cet été était de ne pas tomber en cessation de paiement. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon a noté en juillet 2009 une stabilisation de la dégradation de la trésorerie des entreprises en difficulté. Le redémarrage économique (car il y en aura nécessairement un, même si la date est imprévisible) ne pourra être suivi que par des entreprises qui ont les moyens financiers de racheter des matières premières ou de réembaucher pour fournir la demande. L’objectif du moment est donc de sécuriser et de préserver sa trésorerie. Il existe trois leviers d’action possibles :

 

-          Récupérer les sommes bloquées à l’extérieur

Ces sommes peuvent se trouver chez les clients ou les factors (banques qui escomptent systématiquement les traites de clients des entreprises en besoin de trésorerie). Quelques principes simples permettent de réduire le besoin en fond de roulement (BFR) d’une entreprise, et donc de récupérer de la trésorerie. Le BFR naît des décalages temporels entre la commande et le paiement effectif d’un client, ainsi les délais de règlement accordés sont généralement à revoir à la baisse lorsque la trésorerie diminue sensiblement. À l’identique, le BFR est impacté par les règlements trop rapides des fournisseurs.

 

-          Maîtrise drastique des sorties de trésorerie

Renégociation des prix et des délais avec le fournisseur, diminution des frais généraux et administratifs (non essentiels à la production) et des frais de voyages, déplacements, réception sont autant de mesures qui sont concrètement appliquées aujourd’hui dans bon nombre d’entreprises en situation délicate. Quand toutes les solutions périphériques ont été employées, il ne reste malheureusement qu’à utiliser le chômage partiel, voire le licenciement pour maintenir l’entreprise hors de l’eau.

 

-          Conserver une capacité d’autofinancement

Le moyen le moins coûteux et le plus sûr pour redémarrer correctement reste de conserver des marges solides et de ne pas brader ses prix. Selon une étude de la CCI en juillet 2009, 44 % des chefs d’entreprise estiment être en sous-capacité, 37 % à un taux de charge normal et 13 % ne peuvent pas faire face à la demande. Tous les secteurs ne sont pas touchés de la même manière. Il est donc l’heure, plus que jamais, de maintenir une démarche d’innovation constante, de chercher de nouvelles solutions pour développer le chiffre d’affaires, de s’adapter à la demande, d’organiser au mieux sa chaîne commerciale (suivi des offres, relance, suivi des commandes…), mettre en place des veilles marketing, sectorielles, réglementaires ou encore technologiques. Pourquoi ne pas étudier aussi des rapprochements ou des partenariats stratégiques avec clients, fournisseurs ou concurrents ? De nombreuses idées restent donc encore à explorer pour résister et atteindre la sortie de crise.

 

Il est à préciser aussi que de nombreux cabinets spécialisés peuvent aider à la recherche de trésorerie, ces missions sont généralement appelées « Cash Finder ».  L’ensemble des processus (achat et fournisseurs, vente et clients) sont analysés pour y trouver toutes les causes de perte de trésorerie (double paiement des fournisseurs, paiement en avance des fournisseurs, relance clients…).

 

 

 

 

 

Bibliographie

 

http://www.pwc.fr/la_question_du_dirigeant.html

 

Agir et Entreprendre, magazine de la CCI de Lyon  # Septembre-Octobre 2009

 

 

 


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