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Voici la suite de
notre série En attendant la reprise, ce
mois-ci est consacré à l’évolution de la situation économique française et aux
mesures d’aide apportées par le gouvernement.
L’OCDE (Organisation
de coopération et de développement économique) a récemment revu à la hausse ses
prévisions du PIB français pour 2009, qui ne se contracterait que de 2,1 %
contre 3 % estimé jusqu’en juin 2009. Le gouvernement a aussi pris la
mesure du redressement un peu plus rapide qu’attendu en relevant ses estimations
de PIB pour 2010 à + 0,75 % (contre + 0,5 % auparavant). Au
niveau mondial également, la globalisation oblige tous les pays à tenir compte
de la situation mondiale pour leurs prévisions nationales, nous pouvons noter
les propos d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, parus en septembre dans
la revue Finance et Développement : selon lui, la reprise
économique a commencé « au niveau
mondial, mais le redressement ne sera pas simple ».
Une incertitude importante
demeure toutefois : quelle sera l’ampleur de la reprise économique au vu des
contraintes qui pèsent sur sa solidité et sa capacité à se prolonger au-delà
des aspects « techniques » (reconstitution des stocks des entreprises
après un mouvement rapide et massif de déstockage au 4e trimestre 2008
et qui s’est prolongé au cours du 1er trimestre 2009) ?
Quoi qu’il en soit,
la crise n’est donc pas encore finie. Le gouvernement français a mis en place
une série d’indicateurs sur un point toujours sensible : l’accès aux
crédits. Véritable huile pour les rouages de l’économie, l’emprunt reste encore
difficile pour les entreprises (même si les particuliers ont obtenu leur prêt
habitat dans l’ensemble : + 4 %). Malheureusement, le pouvoir
exécutif n’a que peu de moyen de pression sur les grandes banques, malgré les
milliards d’euros prêtés pour leur permettre de passer le cap de la crise
financière de septembre 2008 (faillite de Lehmann Brother) à nos jours.
Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances a promis de donner le
nom des banques en cas de non-respect des engagements. Gageons que cette
dénonciation saura ébranler les plus grandes banques européennes.
Une des mesures
concrètes du gouvernement est passée par la LME (Loi de Modernisation de l’Économie)
adoptée en été 2008 et qui fête ses un an en août dernier. Cette réforme
pouvait sembler nécessaire sur les délais de règlement par exemple. Quand on
compare les délais de règlement des pays européens, on s’aperçoit que la France
connait en moyenne 10 jours de plus que ses voisins. Cependant, les entreprises
ne sont pas toutes égales devant la LME, loin s’en faut. Des dizaines d’accords
de branche dérogatoires pour 2 à 3 ans ont été signés pour permettre de tenir
compte de spécificités (notamment pour les sociétés exportatrices, toujours
réglées par les étrangers à 90 jours, mais devant payer ses fournisseurs
français à 45 jours en moyenne). De même, de nombreuses filières ont été aidées
directement par la LME. C’est
le cas du secteur automobile qui a reçu pas loin de 2,5 milliards d’euros
de trésorerie supplémentaire. Beaucoup d’entreprise ont aussi bénéficié de
l’avance de remboursement des acomptes d’IS ou de TVA pour refaire une partie
de leur trésorerie.
Une nouveauté pour
l’année 2010 sera le rescrit de crédit d’impôt recherche à obtenir auprès
d’OSEO. Il s’agit pour les entreprises innovantes et bénéficiant normalement du
crédit d’impôt recherche de sécuriser le montant du crédit octroyé en demandant
à OSEO de valider le projet.
D’autres signes sont
à prendre en compte pour appréhender l’ampleur de la sortie de crise. En France,
nous regardons de très près la consommation des ménages. En septembre, la
consommation des ménages en biens manufacturés a bondi de 2,3 %. Il s’agit
pour partie d’un effet prime à la
casse. La prime et l'arrivée sur le marché de nouvelles
voitures ont permis à l’achat de véhicules d'augmenter de 10,2 % sur un
seul mois. Avec ces données, nous pouvons estimer que le PIB s’est accru de 0,3 %
sur le 3e trimestre 2009. Ce qui est inquiétant, c’est que sans la
contribution du secteur automobile, la croissance de septembre aurait été
divisée par deux. Cette hausse des consommations s’expliquent par deux
facteurs : la baisse des prix à la consommation (l’inflation est à - 0,4 %
en septembre en France) et parce que la politique économique a été cette année
- contrairement à une idée reçue - très favorable aux ménages (prime à la
casse, distribution de chèques emplois services, non-paiement de certains tiers
provisionnels).
L’épargne des ménages
a été très sollicitée en cette rentrée pour soutenir l’effort de consommation.
Si les ménages puisent lourdement dans leur épargne pour entretenir un niveau
de dépense substantiel, ils ne pourront le faire continuellement, surtout si le
chômage continue de s'accroître. C'est dans ce cadre que la poursuite de la relance
et sa conversion en emplois va devenir capitale.
En effet, étant donné
l’espacement naturel de six à neuf mois qui existe entre la reprise de l’économie
et la reprise sur le marché de l'emploi, il est indispensable que l'actuel sursaut
de reprise économique se prolonge pendant au moins six mois, de manière à
relancer les créations d'emplois à la hausse et instaurer un cercle vertueux
croissance-emploi-consommation.
Une sortie de crise
pour certains français s’est trouvée dans l’entreprenariat. Le nouveau statut
de l’auto-entrepreneur a tenté plus d’un français, environ 200 000 à fin
septembre 2009. Il est vrai que la simplicité du système a suffi pour provoquer
l’engouement d’un rêve enfin réalisé, être son propre patron. Cela dit, les
chiffres de la valeur ajoutée produite par ses micro-entreprises risquent
d’être surprenants et pour le moins ridiculement petits face aux dégâts
provoqués par la crise économique. Rappelons cependant les avantages du régime
pour ceux qui seraient tentés de franchir le pas :
· une
dispense d'immatriculation au registre du commerce et des sociétés ou au
répertoire des métiers lors de la création de son entreprise ;
· un
régime micro-social simplifié ;
· une
option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ;
· une
exonération de la taxe professionnelle pendant trois ans ;
· l’auto-entrepreneur
ne paye pas de TVA, la seule taxe à payer correspond à 13 % de son chiffre
d’affaires (activité commerciale), 20,5 % pour une activité libérale et
23 % pour les services.
· pas
de chiffre d’affaires, pas de charge à payer !
· de
nombreux avantages sociaux, déclaratifs et fiscaux.
Les marchés
financiers et les dirigeants politiques semblent tellement croire à une reprise
rapide que la prophétie auto-réalisatrice pourrait bien jouer de son effet
pro-cyclique. Patience : la réponse dans quelques mois.
Bibliographie
SIC, le magazine de
l’ordre des experts-comptables, N° 278 Octobre 2009.
Plus d’information
sur le statut d’auto-entrepreneur :
http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-statut-de-l-auto-entrepreneur
Pour plus
d’information sur le plan de relance économique et les mesures
gouvernementales :
http://relance.gouv.fr/index.php
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