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Les résultats du 14e Baromètre PME des Experts-comptables/Les Échos ont été publiés en novembre 2009. C’est l’occasion de faire le point sur le moral des dirigeants de PME françaises.
Les réponses témoignent d’un niveau de confiance dans l’économie relativement bas, mais en progression significative par rapport à mars 2009.
à la question « Au cours des 3 derniers mois, diriez-vous que la situation de votre entreprise s’est plutôt améliorée, s’est plutôt détériorée, est restée stable ? », 13 % des patrons ont senti une amélioration (contre 5 % en mars 2009), 28 % une dégradation (contre 37 % en mars 2009) et 58 % une stabilisation de leur situation. Concernant le carnet de commandes et la rentabilité de leur société, seul 1 dirigeant sur 2 en moyenne est satisfait sur ce troisième trimestre 2009.
Une des raisons d’espérer des industriels français réside dans la consommation des ménages. En effet, celle-ci résiste bien en octobre, en progression de 1,1 % (selon l’INSEE) par rapport à septembre (surtout que ce mois a déjà été dynamique : + 2,4 % à comparer des mois d’été 2009). « Une très bonne performance eu égard au contexte économique », note Alexander Law, chef économiste chez Xerfi. Il reste toutefois pessimiste sur la suite de cette amélioration, sans doute minimisée par l’ascension du chômage et les maigres perspectives d’augmentation de salaires.
L’indice INSEE du moral des industriels a marqué le pas sur novembre, alors qu’il ne cessait de remonter depuis mars. Il est cependant toujours inférieur à sa moyenne de long terme (100).
D’un point de vue international, les investisseurs américains sont soucieux, seuls 32 % d'entre eux espèrent une évolution positive de l'activité dans leur région, selon le Baromètre 2009 Bain & Company réalisé pour l'American Chamber of Commerce (AmCham). Sur 2009, ils ne sont que 11 % à être optimiste. Même si cela n'est pas très spectaculaire, le nombre d'entreprises qui prévoient d'embaucher (23 %) est supérieur à celui des sociétés qui pensent licencier (16 %), relève Bertrand Pointeau, associé chez Bain & Company et responsable de l'étude.
Sur le front de l’emploi, même si les intentions de licenciement ont diminué, les embauches sont aussi en retrait par rapport à l’an dernier à la même époque. à la question « Au cours des 3 prochains mois, estimez-vous que, par rapport à aujourd’hui, l’effectif salarié sera en hausse ou en baisse ? », les dirigeants de PME répondent une hausse à 13 % et une baisse à 19 % (stabilité pour les autres). Ceci laisse augurer des pertes nettes d’emploi pour les mois à venir. Les entreprises utilisent désormais des plans de GPEC et non des plans de restructuration massif avec licenciement sec. La GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences) est un mode de restructuration « doux », ne comprenant que des départs volontaires aidés (prime à la création d’entreprise, mise en retraite anticipée, reconversion professionnelle payée…) et gère aussi les départs naturels non remplacés. Un fait intéressant à relever, même si les dirigeants ne trouvent pas le contexte propice pour embaucher, il considère que l’aide la plus pertinente serait la baisse des cotisations sociales.
Les financements sont toujours très difficiles à obtenir pour les TPE et encore une gageure pour les PME. 64 % des PME considèrent l’accès au crédit comme difficile contre 79 % des TPE. Ce sont bien sûr les TPE les plus jeunes qui sont les plus touchées.
L’intervention de l’État dans l’économie française est désormais saluée et demandée par les chefs d’entreprise en ces périodes de crise économique. Ils sont 62 % des dirigeants de PME a plébiscité l’intervention du gouvernement. Ils n’anticipent cependant que des réformes mineures du système capitalistes, en dessous de leur espérance.
De manière globale, la reprise économique est incertaine pour 2010. « Nous avons affaire à une reprise largement technique. D’un côté, les entreprises ont moins peur, et donc elles commencent à restocker. […] L’autre élément temporaire, ce sont les plans de relance » annonce Olivier Blanchard, Chef économiste au FMI. Plus précisément, Armin Zinser, gestionnaire de fond à la société de gestion Prévoir, estime que : « pour que l’économie reparte, il manque encore le moteur de la consommation. J’attends de savoir ce qui va se passer outre-rhin après la fin des mesures de chômage partiel prévu pour décembre. Nous verrons alors la véritable situation du marché de l’emploi ». On peut aussi attendre l’effet de l’arrêt (même progressif) de la prime à la casse en France pour reconsidérer les chiffres de la consommation.
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